Chapitre dix-huit: Trish Deseine Jamie Oliver et Viveka Sandklef ou la sacro sainte Trinité
A voir mes premières recettes, certains doivent se dire qu’en plus d’avoir un goût vestimentaire et esthétique douteux je fais des choses bizarres avec ma nourriture. J’assume! Le fait est qu’entre mes habitudes culinaires très cosmopolites et mes influences artistiques prônant la création, j’ai du mal à vous proposer du « tout vu ». Je suis totalement pour l’idée de temps à autre de proposer des tips sur les techniques de base, il est essentiel de savoir battre des œufs en neige avant de savoir faire une île flottante, mais je ne peux pas à faire ça tout le temps. Ce n’est pas du snobisme, c’est juste pour s’amuser et c’est comme ça que je conçois les choses ici. Je n’y peux rien, mes modèles y sont pour beaucoup. Outre ma famille, trois personnalités culinaires ont influencé mes papilles vers l’originalité:
Tout d’abord Trish Deseine, ça m’a fait tellement de bien de voir arriver dans les livres de cuisine français les honnis, les dédaignés, ces classiques de la cuisine anglo-saxonne ou italiennes trop gras, les produits interdits comme les bonbons, trop culpabilisants, aliments vulgaires trop longtemps diabolisés. Ca peut sembler en contradiction avec mes envie de sain, surtout « cosmétologiquement » parlant. Et bien je répondrai que si j’utilise mes produits de beauté tous les jours, je ne mange du cheesecake ou de la tarte au carambar que très sporadiquement. De même, il m’arrivera d’inclure dans mes recettes de bain quelques fragrances, ou bien des colorants, mais choisi par moi sans aucune tricherie et cela uniquement de temps en temps quand j’ai envie de superficialité, de légèreté. Je suis une fille, ça m’arrive. Et bien, c’est grâce à Trish que j’ai pu réintroduire ces idées-là dans mon chaudron et franchement je lui dois une fière chandelle!
Jamie Oliver, quant à lui, m’a appris par le biais de ses émissions, à quel point la cuisine est une question d’investissement sentimental. Je commencé à cuisiner dans l’idée de cuisiner pour les autres, c’est ce qui a fait toute la différence. Beaucoup approchent la cuisine dans l’idée de se faire à manger, de se nourrir, dans l’optique d’une nécessité alors que je crois qu’on ne peut devenir un vrai cuisinier que lorsque l’on prend conscience du paramètre « don » qu’il y a dedans. D’accord on cuisine pour faire à manger, mais quand on commence par faire la cuisine aux autres (lorsque l’on y est pas contraint) c’est occasionnel, ça se prépare, ça se pense, on y consacre du temps, on y met progressivement de soi. Au final, ma cuisine a fini par me ressembler énormément et par devenir une véritable déclaration d’amour à ceux et celles à qui elle se destine. C’est là que ça devient intéressant, car si avant je ne prenais aucun plaisir à cuisiner pour moi seule et que je bâclais mes repas solitaires maintenant je prends chaque repas comme une fête, un genre de cérémonie secrète et ma relation avec la nourriture s’en est trouvée plus qu’améliorée. J’ai appris à aimer les bons produits, les bonnes choses et à apprécier les préparer et ça c’est Jamie qui vous l’apprendra.
Enfin quelqu’un que vous ne connaissez peut être pas Viveka. J’ai croisé cette jeune restauratrice dans un de mes nouveaux livres de cuisine. Il faut savoir que j’en consomme presque autant que des classiques anglais, le critère étant coloré, original et cosmopolite. La maison Tana propose dans ce créneau là de géniaux petits livres aux noms surprenants qui renferment des recettes qui vous changeront des patates le mercredi. Le dernier en date que j’ai trouvé chez eux, c’est celui de Viveka. Et là ô joie, ô délice de comprendre que je ne suis pas qu’un ovni, qu’avoir envie de mettre autre chose dans ma quiche que de bêtes lardons, c’est compréhensible. Je me suis vraiment retrouvée dans sa vision de la cuisine et c’est en lisant ce livre que je me suis lancée sur ce blog, me disant que mes petites idées pourraient peut être distraire d’autres fourneaux que les miens.
De ces trois influences j’aurais aussi compris qu’un bon cuisinier a du style, un style qui lui est propre, qu’en respectant les techniques de base, peu importe la destination on est sûr d’arriver à bon port.
J’espère que cela permettra à d’autres de trouver leur propre style (culinaire mais pas que.).



















